La question du Neutre, fil rouge de l’œuvre de Barthes, dès LeDegré zéro de
l’écriture jusqu’à La Chambre claire.
Le Neutre est un fil rouge chez Roland Barthes, qu’on trouve dès Le Degré zéro
de l’écriture et jusqu’à La Chambre claire comme une préoccupation éthique. Il
apparaît pour la première fois, explicité comme tel, dans ce cours du Collège de
France donné en 1978. Barthes le définit comme ce qui esquive l’opposition de
deux termes et ouvre à d’autres possibles : suspension du conflit, de la
binarité, de l’autorité de tout sens univoque.
C’est dire l’importance de ce cours où le Neutre trouve une formulation ample,
détaillée, ouvertement placée sous le signe du désir : le désir de Neutre…
« On a défini comme relevant du Neutre toute inflexion qui esquive ou déjoue la
structure paradigmatique, oppositionnelle, du sens, et vise par conséquent à la
suspension des données conflictuelles du discours. […] On a essayé de faire
entendre que le Neutre ne correspondait pas forcément à l’image plate,
foncièrement dépréciée qu’en a la Doxa, mais pouvait constituer une valeur
forte, active. »
Roland Barthes (1915-1980)
Sémiologue et écrivain, il a occupé la chaire de sémiologie littéraire au
Collège de France. Deux autres de ses cours – La Préparation du roman (2019) et
Le Discours amoureux (2020) – sont disponibles chez Points.
Édition établie sous la responsabilité d’Éric Marty