Les Chevaux de Tarkovski est un livre de la perte, perte du père qui s’éloigne
de plus en plus dans la maladie, et que le texte accompagne jusqu’à la mort.
Perte de la mémoire et du regard, quand passé et présent se télescopent et que
les visages familiers se confondent. Les objets d’hier ont disparu, on ne
reconnaît plus ceux qu’on a aimé, on pense ses souvenirs au présent. Véritable
succession de scènes attachées à des souvenirs précis, ces poèmes évoquent la
nécessité d’écrire, de remonter et retenir contre l’oubli la mémoire d’une vie
qui décline. Ecriture qui fait face ici à sa propre limite, car s’il est
possible de figer les instants, ou de remonter le temps avec des mots, on se
heurte inéluctablement à l’impossibilité de retenir les vivants. Pia Tafdrup
fait de ce livre un adieu bouleversant.