Les dents noires, ce sont celles des prolétaires exploité·es par le capitalisme,
celleux qu’on méprise, qu’on appelle « les cassos », qui résistent pourtant
bruyamment à un libéralisme frénétique. Les Dents noires est aussi une affaire
de famille : Solène Celse, dans la droite ligne de Dorothy Allison, fait récit
de ces vies négligées avec l’envie de s’emparer de sa propre histoire depuis une
position située. Il y a de la colère dans ce texte, colère contre la bourgeoisie
à qui profite la pauvreté, contre la violence de classe et contre l’injonction à
la rupture familiale, mais il y a aussi beaucoup de tendresse pour celleux qui
nous tiennent du bout des doigts et nous font grandir.