Publié en 1847 et traduit en français pour la première fois, l'essai sur les
sociétés secrètes reprend un thème cher à Thomas De Quincey : celui d'un savoir
caché, d'un mystère se transmettant à travers les siècles, de génération en
génération, évident et pourtant invisible. À la manière des Confessions d'un
mangeur d'opium et De l'assassinat considéré comme un des beaux-arts, l'approche
de ce mystère se fait de digressions en apartés, de considérations annexes en
divagations sinueuses : considérant aussi bien les initiés d'Éleusis que les
francs-maçons, De Quincey s'attarde esentiellement sur la secte antique des
esséniens, prétexte à une interrogation sur le secret, la traîtrise, la fidélité
à soi-même, la falsification et le soupçon. Fidèle à sa démarche, et à
quelques-uns de ses préjugés les mieux arrêtés, De Quincey poursuit ici sa quête
d'une origine impossible et mythique, lieu d'une vérité ultime dont on sait
qu'elle sera pour toujours insaisissable.