En l'an 8 de notre ère, célèbre et adulé de tous, Ovide est forcé à l'exil par
l'empereur Auguste. Il doit alors quitter sa famille, ses amis, ses biens, sa
carrière de poète. Il ne le sait pas encore mais il ne reviendra jamais à Rome.
Durant près de dix ans, il écrit aux siens, à l'empereur - Auguste puis Tibère,
sourds l'un et l'autre à ses appels -, et ses lettres sont parmi les oeuvres les
plus poignantes que la littérature ait produites.
Cris de douleur, d'amour, de désespoir, cris de prière et de révolte à l'adresse
d'un pouvoir inflexible, ces poèmes épistolaires touchent au coeur tant ils
parlent avec respect et justesse de tous les êtres qui ont connu ou connaissent
l'exil - qu'il soit imposé par le pouvoir ou rendu nécessaire pour préserver sa
vie.
Ces deux recueils constituent, avec «Les Héroïdes», un ensemble initialement
publié par Actes Sud en 2006 («Lettres d'amour, lettres d'ex»il, coll.
"Thesaurus") pour lequel Danièle Robert, écrivain et traductrice d'Ovide mais
aussi de Catulle, Paul Auster, Guido Cavalcanti et Dante, a obtenu le prix
Jules- Janin de l'Académie française. Respectueuse de leur prosodie, sa
traduction révèle leur force : celle d'être nos parfaits contemporains -
littéraires, émotionnels, et politiques.