Sigurd Norberg fut l'un des camarades de jeunesse de Romain Kacew, futur Romain
Gary. Les deux garçons se lièrent sur les bancs du lycée de Nice en 1928, l'un
venu de Suède, l'autre de Pologne. Sigurd fut ainsi le témoin privilégié des
années de formation de Romain Gary, retracées dans La Promesse de l'aube avec la
liberté et l'humanité facétieuse de l'auteur. Reparti à Stockholm pour y suivre
ses études supérieures, Sigurd ne coupa pas les ponts avec son ami. Les lettres
que lui adressait alors Romain Gary attestent leur grande proximité, alternant
les plaisanteries potaches, les confidences, l'évocation de projets et les
allusions à la menace que faisaient alors peser sur le monde libre les
manoeuvres du "sieur Hitler, l'anti-homme". Ainsi se dessine un portrait inédit
du futur écrivain, qui confirme, en toute spontanéité, sa haute conception de
l'amitié, la fermeté et la précocité de ses engagements et le secours
qu'apportent à sa mélancolie le sentiment amoureux, l'humour et, déjà et
surtout, la littérature.