Vorace, le capitalisme est à l'affût constant de surplus de valeur. S'il l'a
trouvé, par le passé, dans la robotisation ou la rationalisation, il le cherche
désormais dans le travail dit "immatériel", qui repose sur les connaissances. Au
profit des avancées scientifiques et technologiques, nos matières grises sont
désormais exploitées comme le seraient des matières premières. Problème : le
savoir, libre et gratuit, contredit la logique concurrentielle du marché.
Création de monopoles, droits et brevets, surveillance des cadres... Tous les
moyens sont bons pour y remédier et retrancher du bien commun ce qui peut
l'être. Dans un tel système, qui étouffe, divise et aliène les travailleurs,
comment penser la dissidence ? Avec cet essai critique, le philosophe André Gorz
pose les jalons d'un projet radical de transformation sociale et dessine les
contours d'une nouvelle économie. Un appel salutaire à l'émancipation.