Les femmes auraient-elles un accès spécifique à l’expérience mystique ? La
question se pose depuis longtemps et a suscité de multiples débats. Les courants
de l’écoféminisme lui donnent à présent une nouvelle actualité. Plutôt qu’une
approche théorique, Hilary Hart va à la rencontre de femmes engagées dans des
démarches spirituelles de différentes traditions : sioux Lakota, soufisme
islamique, bouddhisme tibétain ou chamanisme Dagara d’Afrique de l’Ouest. Des
contreforts de l’Himalaya au désert de Mojave en Californie, du Burkina Faso aux
plages de la Mer du Nord, ce livre fait résonner des voix que l’on entend
rarement. Elles parlent de la condition féminine et des capacités qui lui
seraient propres dans le rapport à l’invisible et au monde naturel. En
partageant leur vie quotidienne, Hilary Hart s’est imprégnée de la sagesse de
ces femmes mystiques. Elle n’en revient pas avec des enseignements conceptuels
mais brosse les portraits vivants de ces exemples d’une spiritualité incarnée et
fait le récit d’expériences parfois bouleversantes. Se dessinent ainsi sous une
forme plurielle et ouverte, les grands traits d’une énergie féminine, aussi bien
accessible aux hommes qu’aux femmes, que l’une des personnes rencontrées appelle
« l’Inconnue ». Son trait le plus essentiel consiste à laisser entrer le divin –
les aspects ultimes de la réalité – dans tous les plans de l’existence, et se
transmet autant par l’amour que par la joie et la connaissance. On rit beaucoup
dans ces pages qui peuvent se lire comme autant de récits initiatiques. En ces
temps de guerres et de dévastation écologique, on trouvera plus qu’un réconfort
dans la sérénité de ces femmes qui incarnent une autre manière d’être pleinement
au monde. De nos jours, la simplicité est peut-être ce qu’il y a de plus
profond.