Un jour, une crise, grave, brutale, dévasta l'économie mondiale : les usines
fermèrent, le chômage explosa, les maisons furent hypothéquées, leurs habitants
jetés sur les routes et les banques cessèrent de prêter à ceux qui en avaient le
plus besoin. On parla alors de dépasser le marché, de moraliser l'économie
libérale, d'inventer un avenir humaniste alternatif. On parla même d'un retour
du marxisme. Enfin Keynes parut et l'économie mixte dont il s'institua le
théoricien insuffla une seconde vie au système capitaliste, démentant du même
coup les prédictions de Marx. Mais ce système n'était-il pas appelé à se heurter
de nouveau, un autre jour, à des limites historiques ? À cette question
essentielle, Paul Mattick (1904, Berlin - 1981, Boston), militant et théoricien
de la gauche allemande révolutionnaire et antistalinienne, refusant la dictature
du parti centralisé au profit de l'auto-organisation ouvrière à travers des
conseils élus, a consacré cet ouvrage qui traite de problèmes fondamentaux -
l'accumulation du capital, la monnaie, l'automation, le sous-développement, le
capitalisme d'État, etc. De la confrontation entre Keynes et Marx, il conclut
que nombre d'analyses de ce dernier ont encore partie liée avec l'avenir, notre
avenir.