Le traité Météorologiques tient une place singulière dans le corpus
aristotélicien. Ce n'est pas une oeuvre où s'élaborent des concepts sur
l'essence de l'être ; il n'y est pas traité des mystères de la vie non plus que
de ceux du ciel qui, pour les Grecs, est habité par ces êtres divins toujours
identiques à eux-mêmes que sont les astres qui brillent au firmament. Cet
ouvrage est le seul où Aristote explique des phénomènes qui ne sont pas de
l'ordre du vivant, et qui n'ont pas non plus la majesté et la régularité des
phénomènes célestes. Le propos est, en un sens large, la biosphère - les
phénomènes qui se produisent dans l'atmosphère et sur la terre : liés à l'eau
(mers, fleuves et rivières, pluies, neige, brouillard, grêle), à l'air (vents et
tempêtes, orages et typhons), au feu et à la lumière (comètes et météorites,
halo et arc-en-ciel), à la terre (séismes). À quoi s'ajoutent des explications
sur les modalités qui affectent minerais et minéraux. Aristote est le premier à
avoir organisé un ensemble de spéculations concernant des phénomènes très
divers, mais qui se situent en un même domaine, encore que leurs causes ultimes
soient à chercher dans le Soleil et les mouvements célestes. Il fonde ainsi une
"science" dont les principes explicatifs s'appliquent à toute la diversité
phénoménale.