Dès les premières pages, le hurlement du sergent résonne pour longtemps dans vos
oreilles : « Tout le monde en rang, à l’ordinaire. Mâchez bien sinon vous allez
nous cimenter les chiottes, et c’est pas moi qui irai les déboucher, compris ? »
Le sergent ? Oui, le sergent, celui qui recrute les futurs légionnaires. Nino,
dix-neuf ans, figure parmi les volontaires, groupe d’hommes venus des quatre
coins du monde pour recevoir, coûte que coûte, une solde, pour pouvoir s’en
sortir. La Légion, c’est d’abord l’apprentissage d’un code d’honneur. C’est
aussi celui d’un langage propre et fleuri… Hélas, Nino ne passera pas l’épreuve
puisqu’il échouera brillamment au test de dépistage… Il enchaîne ensuite les
petits boulots, tandis que sa petite amie, Lale, fait des baby-sittings. Une vie
de débrouille ponctuée de fêtes étourdissantes, où l’alcool et la drogue coulent
à flots. Une histoire d’amour, des liens d’amitié forts, notamment avec Malik,
véritable créature… Truffée de dialogues truculents, l’écriture pleine de
vivacité de ce roman plante à la perfection ses personnages. Simon Johannin
dresse ici le portrait de toute une génération, une génération qui tente de
trouver sa place, une place, là où il n’y en a plus. C’est aussi celui d’une
époque, la nôtre, avec son langage, avec ses difficultés et les excès d’une
jeunesse au destin chaotique.