« Longtemps après que les êtres ont disparu, il ne reste de leurs visages, loin
des photographies, que des sortes d’images mentales. Et de leurs voix, des mots
seulement. Très peu, les plus essentiels, les plus ordinaires. »
Ce recueil est une invitation à entrer dans l’univers du yiddish. A partir des
bribes d’une langue parlée, Michéa Jacobi restitue la mémoire de ses parents,
une famille juive émigrée. Dans de brefs textes, mais aussi au moyen de
vignettes gravées, l’auteur donne l’origine et le sens d’expressions yiddish.
Des exclamations impromptues qui marquent le souvenir, des mots pour désigner
ici un mouchoir, là un met particulier ou quelque locution intraduisible. De la
lettre A – Arsorzel’eïm, littéralement « tu me sors des yeux ! » jusqu’à la
lettre Z – Zuhres, « un souci », ces mots singuliers s’offrent à nous comme la
poésie et la culture d’un autre temps. Vingt-six points d’encrage illustrés par
le dessin qui permettent à l’auteur de raconter son enfance avec humour et
délicatesse.
Sorti en 1989 et épuisé depuis plus de vingt ans, Notre yiddish, un abécédaire
est le premier livre de Michéa Jacobi. Cette réédition est accompagnée d’un
texte inédit où l’auteur revient sur l’histoire de cet ouvrage et décrit le
procédé de la gravure sur linoléum : ses outils, ses matériaux de prédilection,
ses encres et papiers, ses méthodes de séchage… Une approche autour de ce qui
fait l’originalité de son travail artistique, passé comme présent.