Le long poème de Jean-René Lassalle appartient à ces OLNI ou Objets littéraires
non identifiés qui nous obligent à repenser les découpages théoriques au moyen
desquels nous identifions les textes. Ainsi que l’auteur le définit lui-même,
son projet consiste en « un long poème en 100
tercets. Chaque tercet rayonne autour d’un mot placé en italiques. La structure
en est inspirée par la liste originale de 100 mots développée par le linguiste
nord-américain Morris Swadesh (entre 1950 et 1970), qui voulait recenser les
concepts les plus répandus, communs à un maximum de langues. [... ] C’est une
“danse de la pensée dans les mots” à plusieurs niveaux et interactions.»
C’est bien à une exploration poétique de la genèse du langage, de son
universalité et de son opérativité que se livre l’auteur de ces lingo-pensèmes,
avec toute la rigueur d’une quête philosophique et linguistique, et l’élégance
que confère à son écriture l’usage de très strictes contraintes formelles.