Un mode de pouvoir qui fait vivre, au sens le plus fort : l'ontopouvoir plonge
dans le champ d'émergence de la vie pour l'inciter, la susciter, en moduler la
prise de forme. Ne prenant plus comme objet premier, ni le pouvoir de mettre à
mort, ni celui de gouverner le vivant, se prolongeant au-delà de la discipline
comme du biopouvoir, l'ontopouvoir exerce une puissance de genèse. En essor
depuis le 11-Septembre, il se déploie autour d'une opérativité assez novatrice
pour mériter un nouveau nom : la préemption.
À la différence et de la dissuasion et de la prévention, la préemption vise non
plus le danger clair et bien présent, mais plutôt la menace. Encore indéterminée
quant à son heure et ses contours, la menace a une existence incertaine. Opérer
sur la menace implique d'agir sur le futur dans le présent, selon une politique
de l'affect, dont le registre dominant est la peur.
Le livre trace les linéaments de l'ontopouvoir depuis son éclosion dans la «
guerre contre le terrorisme », et l'État sécuritaire correspondant, jusqu'à
l'imposition de la logique néolibérale et aux débordements des médias rendus
viraux. Une contribution décisive à la généalogie du régime « post-vérité » qui
caractérise notre ère.