En 1506, alors qu'il doit achever le tombeau du pape, Michel-Ange reçoit une
missive inattendue : le sultan Bajazet II le convie à Constantinople pour
construire un pont sur la Corne d'Or.
S'emparant de cet épisode, Mathias Enard défie les lacunes historiques,
confronte l'homme de la Renaissance au monde ottoman et déploie le portrait de
l'artiste au travail. Comment et avec quels matériaux crée-t-on ? C'est la
question que soulève doublement ce récit. À la croisée du réel et de
l'imaginaire, le texte renouvelle le genre biographique et célèbre la puissance
de la parole poétique, capable de ressusciter les hommes et les ruines.