“Ce n’est pas sans honte” que la narratrice de Petit roman se compare à la
Vierge, elle qui vient de devenir mère à tout juste vingt-deux ans. Dès leur
arrivée à Bruxelles, les événements dégénèrent. Victimes d’une escroquerie,
elles doivent quitter le rez-de-chaussée délabré où elles viennent de
s’installer. Tout un automne durant, et l’hiver approchant, la narratrice
cherche un logement adéquat, en vain. Sa vie est à l’image du tableau La Mort de
Sardanapale : confuse et sans issue. “Ces mésaventures”, dira-t-elle, “je les
donne, elles sont comme des petits contes difficiles de la vie ordinaire et on
devrait tous en faire autant.” Conte moral de la vie moderne, Petit roman est le
récit d’une jeune mère célibataire en proie à de violentes émotions. Au rythme
des saisons, irrégulières et imprévisibles, la narratrice, personnage excessif
aux allures antiques, cherche désespérément à contourner ce qui lui résiste.
Texte cru et organique sur la maternité, Petit roman est le premier roman de la
cinéaste Amélie Derlon Cordina. À Bruxelles, Marseille et Trouville, on y croise
du sang, de la misère, de la poussière et des saintes, et bien sûr, la
rédemption.