Lucio Mariani est un poète éminemment romain, non pas au sens topographique,
bien qu’il soit né à Rome et y habite aujourd’hui encore, mais en termes de
tradition culturelle. On a pu le dire proche d’un socle latin, rappelant Catulle
pour l’élégance du vers, Martial pour les aiguillons de la satire
épigrammatique, Virgile pour les riches résonances du paysage méditerranéen,
Horace enfin dans l’alliage du stoïcisme et de l’épicurisme, dans l’alternance
de la grâce et de la véhémence. Ces Restes du jour sont le carnet d’un
randonneur humain parvenu à l’extrémité du cap, au pied d’un phare dont les
éclairs tenaces de lucidité annoncent qu’il y a une plénitude dans ce qui ne
dure pas, un accomplissement qui va plus loin que la perte. On ne manquera pas
de percevoir chez ce poète un constant souci du monde, selon diverses lignes de
tangence entre le poème et le temps où il nous est échu de vivre.
J.-B. Para