À l'heure où la France, ses dirigeants, ses lobbys nucléaires sont en pleine
opération de réhabilitation de l'atome et projettent de couvrir le territoire de
nouvelles centrales comme ce fut le cas dans les années 1970, la réédition de
"La Hague, ma terre violentée" montre qu'il était possible au tournant des
années 1980 d'articuler discours féministe et antinucléaire. Un texte lyrique et
incantatoire qui décrit ce que la construction de l'usine de retraitement de
déchets nucléaires de La Hague fait aux paysages vécus et sensibles, à la terre
des souvenirs de l'enfance, à cette presqu'île du Cotentin empoisonnée pour
plusieurs centaines de millénaires.
Un avant-propos en forme de correspondance à trois voix propose une réflexion
sur ce que signifie vivre en territoire nucléarisé, tisse des liens entre La
Hague et le Japon et débat de l'invisibilité de la question nucléaire.