Une famille. Plusieurs générations de larmes et de calculs. Des femmes pleurent
et s’en remettent aux médicaments. Des hommes comptent, aimantés par les
chiffres.
Depuis longtemps, une enfant se souvient qu’elle a regardé.
« L’enfance sait toujours, et elle ne comprend rien. Il y a toujours quelqu’un
pour lui bander les yeux, prétexter un jeu débile, grimer une réponse, et la
déboussoler en la faisant tourner sur elle-même jusqu’à ce qu’elle ne se
souvienne plus sur quel pied elle dansait. Les adultes passent leur temps à
faire oublier à l’enfance ce qu’elle désirait savoir. Ils n’aiment pas les
questions qui lui brûlent les lèvres. Pourquoi est-ce que grandir consiste si
souvent à apprendre à feindre et ignorer ? »
Justine Arnal est née en 1990 à Metz.
Autrice, psychologue clinicienne et psychanalyste, elle vit et travaille à
Paris. Elle a publié deux livres aux éditions du Chemin de fer : Les Corps ravis
et Finir l’autre. Elle s'intéresse particulièrement aux croisements et frictions
entre littérature et psychanalyse.
Une question est au cœur de son travail : par quelles langues et quels corps
sommes-nous habités ?
Rêve d’une pomme acide est le premier roman d'elle que publie Quidam.