Deniz quitte sa petite ville et son poste menacé de professeure d’université
pour répondre à l’étonnante invitation d’une amie : vivre plusieurs semaines sur
une île, à sa place, dans ce qui s’appelle une maison-station, destinée à être
refuge pour accueillir des femmes à la recherche d’un abri protecteur. Deniz
aime sa solitude et elle a toujours eu du mal à nouer des relations. Bientôt,
pourtant, au cours d’une promenade, elle croise Amie, une chienne qui ne va pas
tarder à venir s’installer dans la maison. Un jour, une jeune fille frappe à la
porte. Assurée d’être au bon endroit, elle s’enferme alors dans une chambre et
ne parle pas. Cet étonnant mutisme, ajouté à l’atmosphère pesante d’une île où
Deniz se rend compte que tout le monde connaît ses moindres faits et gestes, ne
fait qu’accentuer ses inquiétudes, et rendre plus difficiles encore ses échanges
avec les autres. Pour elle, dont l’histoire se dévoile peu à peu, si toutes ces
situations ne sont pas faciles à vivre, il n’est pas impossible que ces quelques
semaines lui permettent de modifier ses habitudes et ses comportements… Par une
observation d’une grande finesse et une écriture très précise, Birgül Oguz
compose avec Station une magnifique réflexion sur la quête d’identité, le poids
du passé, la difficulté des relations entre les êtres, la force et la nécessité
de l’amitié et de la confiance.