L'oeuvre poétique de Rachel, qui lui vaut d'être considérée aujourd'hui comme
une fondatrice de la littérature hébraïque moderne, est constituée de seulement
trois recueils : Regain (1927) ; De loin (1930) et Nébo (posthume, 1932). Aux
114 poèmes de ces recueils s'ajoutent 30 poèmes épars dans diverses
publications, mais aussi des articles et des lettres. Après avoir publié en
édition bilingue en 2006 et 2013 les trois grands recueils de Rachel, les
Éditions Arfuyen publient sous le titre Sur les rives de Tibériade l'ensemble de
ces poèmes épars, articles et lettres. « Sur les rives de Tibériade » est le
titre de son tout premier article, véritable poème en prose, écrit en russe, à
Odessa en 1919 alors que déjà la maladie apparaissait : « Ce n'est pas seulement
un paysage, le lac de Tibériade, écrit-elle, ni un fragment de nature - le
destin d'un peuple s'allie à son nom. Avec des yeux sans nombre il nous regarde
des profondeurs de notre passé, avec mille lèvres il parle au coeur. » Ce
paysage demeurera jusqu'à la fin son recours spirituel. Les 30 poèmes épars ici
présentés en édition bilingue sont ici suivis de quatre lettres écrites de
France, alors qu'elle faisait des études d'agronomie à Toulouse entre 1913 et
1916, ainsi que de trois poèmes épistolaires. Quant aux articles, leurs thèmes
sont des plus variés : la vie des pionniers, la poésie, le théâtre, la
littérature, les arts plastiques, le philosophie ou même saint François d'Assise
en qui elle voit un frère des pionniers d'Israël « par leur attachement à la
nature et à une pauvreté joyeuse ».