Sous forme de listes romancées, Infernus Iohannes raconte ici mille et une
histoires. Tout l'univers post-exotique est là : cruauté, absurdité, humour du
désastre, et, au fond, une transfiguration désespérée du monde contemporain.
Dans Survies minuscules, Infernus Iohannes donne voix à des malades mentaux, à
des monstres, à des écrivains sans public, et à d'innombrables démons de très
petite envergure, délateurs mesquins ou râleurs sordides, tous noyés dans leur
idiotie et leur haine. Il n'oublie pas non plus de dérouler devant nous le
programme délirant de ceux et celles qui voudraient "construire le paradis' dans
un univers déjà dévasté, très proche de l'idée qu'on peut se faire d'un vaste
camp psychiatrique.Retour au goudron est une installation monumentale,
construite à partir de 343 cahiers bardiques aux rubriques régulières, à
l'intérieur desquels figurent les photographies d'un lieu désormais fantôme – le
port intérieur de Macau –, ainsi que de nombreux textes inédits.Ces textes font
l'objet d'une édition en onze volumes parus simultanément chez des éditeurs
différents (Actes Sud, Minuit, Rivages, La Marelle, L'Olivier, Le Seuil, La
Volte, Robert Laffont, La Fabrique, Verdier et le sous-sol). Ainsi, sous la
signature du collectif Infernus Iohannes, se clôt l'édifice du post-exotisme
dont Antoine Volodine a longtemps été le porte-parole. Survies minuscules est
l'une des composantes de cette ultime performance littéraire.