« J’ai tellement couru pour arriver jusqu’ici, sur l’Île Blanche — d’où on voit
la mer, domaine de Thétis, son éclatement limpide éblouit —, et je reprends un
peu mon souffle. »
Sur un rivage en mer Égée, une femme laisse derrière elle le chaos du présent,
un exemplaire de l’Iliade pour seul bagage. Dans cette épopée à la puissance
créatrice exceptionnelle, le temps et le mythe fusionnent. La voix résolument
féministe de Thétis, mère du demi-dieu Achille, s’impose à la narratrice et
supplante celle d’Homère. Elle révèle dans son sillage héroïnes et héros
anonymes — muses, esclaves, soldats, exilés, mineurs isolés, femmes en lutte aux
colères fulgurantes.
Des chemins antiques jusqu’au nord de Paris aujourd’hui, tandis qu’Achéens et
Troyens combattent encore, on plonge dans une réflexion sur les guerres, sur
l’amour inconditionnel et la valeur de la vie.
Christine Spianti est l’autrice de livres aux multiples formes d’écriture. Avec
ce roman poétique magistral, elle renoue avec son œuvre littéraire : Comme ils
vivent (1998), Éden Zone (2000), Au large de Venise (2002) et L’Effort du monde
au matin pour redevenir soleil (2006), tous parus chez Maurice Nadeau.