Ce livre aurait pu s'intituler : "Propos d'après-mourir" ; il rassemble, en
effet, des messages inattendus : ceux qu'adressaient, depuis l'Au-delà, les
morts romains à ceux qui, après eux, passent sur cette terre et viennent lire
leurs épitaphes. Rien de commun entre l'épitaphe romaine et ce que nos temps
modernes désignent par ce mot. Un nom, deux dates, regrets éternels...
L'épitaphe antique est au contraire l'occasion d'une conversation entre là-bas
et ici-bas, dans laquelle le défunt confie en vers soigneux son regret de la
vie, aussi bien que les avantages procurés par son nouvel état d'esprit pur,
invite les lecteurs à profiter de leur félicité présente ou philosophe sur les
dérisions de la condition humaine. Pas de supplices épouvantables, dans les
Enfers romains. Simplement, un manque : les joies et les petits bonheurs qui
font la vie si douce. La poésie apporte à ces réflexions nostalgiques l'aura
d'une autre douceur.