Livre, disque dématérialisé et spectacle, Transparaître (encore) est un projet
hybride, littéraire et musical, à la frontière de la pop la plus minimale et du
spoken word. C’est un manifeste poétique, politique et sociologique du plaisir,
de la douleur et de la violence archaïque d’être femme : être femme et être
libre ; être femme et désirer, aimer, travailler ; être femme et vieillir.
Le texte, écrit et adapté par Séverine Daucourt en trois versions,
l’une pour la page, l’autre pour la musique, la dernière pour la scène, dénonce
le jeunisme et célèbre la persistance d’un droit au rêve pour tous les âges.
Entre mélancolie inquiète et exaspération sociale, il est porté par la voix de
l’autrice, qui se distingue des discours politiques en incarnant une poésie
acérée, épurée, mais non moins féministe.
Ce livre concept est la
suite de Transparaître, publié en 2019 (retirage en 2020) aux éditions Lanskine,
long poème explorant le « drame féminin », puisant dans le biographique autant
que dans le sociologique, dont Guillaume Lecaplain dira, dans le journal
Libération : “C’est un peu le King Kong Théorie version poésie. Transparaître
exprime la même rage, le même féminisme, exorcise (à peu près) les mêmes
histoires que le brillant manifeste de Virginie Despentes.”
La
version musicale du livre a été réalisée par Armelle Pioline (Holden,
SuperBravo) et Michel Peteau (Cheval Fou, SuperBravo). Ils ont mis leur talent
au service des mots et de la voix de Séverine Daucourt, en composant et
arrangeant un album aux incursions multiples et décomplexées, allant de
l’électro artisanale au minimalisme le plus éthéré. On pense à Brigitte
Fontaine, on pense aussi à Laurie Anderson.