Pascal Poyet est un familier de l’œuvre de Wittgenstein. Avec Un futur, il
propose un commentaire poétique de la dernière, et célèbre, proposition du
Tractatus logico-philosophicus : « Ce dont on ne peut parler, il faut le
taire. » La perspective s’inverse : d’ordinaire c’est la philosophie qui assure
l’herméneutique du poème (Heidegger pour Hölderlin, Gadamer pour Celan, etc.).
Là, c’est le poème qui prend la suite de l’énoncé philosophique, interroge sa
structure linguistique, compare les traductions qui en ont été faites afin d’y
introduire le jeu nécessaire à sa relance. La poésie comme avenir de la
philosophie ? En tout cas son travail sur la langue, tel que le pratique ici
Pascal Poyet, l’inscrit clairement dans la perspective d’un futur – que son
titre indique.