Le grand roman d'Ursula K. Le Guin, Les Dépossédés (1975), décrit une société
anarchiste, fondée sur la doctrine d’une femme, Odo, dont le livre ne dit
presque rien. Écrites antérieurement aux Dépossédés, les deux nouvelles
rassemblées ici en racontent la ‘préhistoire’, rendant hommage, par cette
remontée dans le temps, à Odo, qui a certainement fait partie de celles et ceux
qui sont partis d'Omelas, et que l’on retrouve au seuil de sa vie, un jour avant
cette révolution qu’elle suscitera elle-même. “Le vrai voyage est le retour”
écrit Le Guin et c’est en retournant aux Dépossédés qu’elle en révèle
l’extraordinaire profondeur.
Ursula K. Le Guin (1929-2018) est l’auteure de nombreux romans, dont les grands
cycles de Terremer et de l’Ekumen, que le 21e siècle enferme souvent dans des
catégories trop étriquées pour son extraordinaire stature. L’éclat a publié deux
volumes de ses essais : Danser au bord du monde. Mots, femmes, territoires
(2020) et Imaginer lire écrire. Essais et conférences 1988-2003 (2024).
Traduit de l’anglais (USA) par Henry-Luc Planchat
Préface de Patricia Farazzi